Top 10 de l’histoire des Ultras Montréal (No 7 : On vous donne notre avis!)

Top 10 des moments marquants de l’histoire des Ultras Montréal

Numéro 7 : On vous donne notre avis! (même si vous l’avez pas demandé)

Un des aspects peut-être parmi les plus évidents de la mentalité ultra est la dénonciation. Dénonciation du manque de sérieux de la direction d’un club, dénonciation des agissements de certaines personnes, joueurs ou autres, au sein du club, dénonciation des pratiques mercantiles du football moderne. Les groupes ultras, autofinancés, conservent leur indépendance pour pouvoir dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas. Ici, comme ailleurs, c’est par l’intermédiaire de bannières affichées lors des matchs que les ultras s’expriment plus souvent qu’autrement. Les Ultras Montréal ont, dans leur histoire, sorti leur part de messages parfois piquants, parfois acides, parfois… mal dosés (on le reconnaît).

On peut classer les bannières à messages en trois catégories. La première concerne l’absence de résultats sportifs. Pour un exemple mémorable, retour en arrière : début de la saison 2005. Nos protégés, champions en titre, amorcent leur saison à domicile en demi-teinte avec deux verdicts nuls de 0-0 contre… Rochester (qui d’autre?) et Toronto (ils reviennent souvent aussi, ceux-là). Au match suivant, nous déployons une bannière avec un message simple, mais direct : « Où sont les champions? » L’équipe marque 4 buts et dispose de Charleston 4-2. À noter qu’on ne se limite pas qu’aux matchs pour afficher notre mécontentement. Un entraînement public fait aussi l’affaire…

On veut un coach.

La seconde catégorie concerne l’incompétence, souvent étroitement liée à l’absence de résultats sportifs. En 2008, après un début de saison sur la route plutôt mauvais, l’Impact inaugure son nouveau stade en enfilant les zéros. Comme l’Impact est incapable de marquer un but à ses quatre premiers matchs au stade Saputo et ne fait rien qui vaille sur la route, le groupe décide d’enfoncer un clou sur lequel il tape depuis quelques temps déjà, Nick de Santis : « Merci pour le stade, maintenant on veut un coach! ».

La troisième catégorie concerne l’extrasportif. Si les Ultras Montréal sont apolitiques, ils ne s’empêchent pas pour autant de dénoncer les aberrations du foot-business. Revenons sur un certain match de mai 2011…

Lorsque l’Impact annonce au mois de février 2011 qu’il recevra les Red Bulls de New York au stade Saputo, les Ultras Montréal y voient immédiatement l’occasion de vilipender ce qui est sans aucun doute la plus évidente incarnation des excès du foot-business qui prévalent actuellement partout dans le monde. « À l’aube de l’entrée de l’Impact en MLS, cette problématique commençait sérieusement à nous concerner, explique Jérémy, membre des Ultras depuis 2010. Il a donc été décidé que notre groupe prendrait fermement position contre les pratiques douteuses du taureau rouge, afin d’unir notre voix à celles de milliers d’autres ultras du monde entier. » Pour résumer, Red Bull achète des équipes et efface leur nom, leur histoire et leurs couleurs pour remplacer le tout par une image corporative standardisée.

Après de nombreuses tergiversations (encore), durant lesquelles plusieurs propositions allant du tifo grand format à l’étendard de taille moyenne furent débattues, on se met d’accord sur l’avenue à prendre. « Plusieurs idées, plusieurs médiums ont été considérés, et deux d’entre eux ont été retenus : la bonne vieille bannière fut choisie afin de transmettre notre message le plus clairement possible, ainsi qu’un tract, imprimé en grande quantité, présentant simplement les enjeux de notre contestation et distribué aux alentours du stade avant le match », mentionne Jérémy, qui a rédigé le texte apparaissant sur le tract.

Évidemment, une bannière ne sert à rien si elle ne supporte pas un message. Encore fallait-il le trouver. C’est finalement Élisabeth, alias snowflake, qui aura l’éclair de génie qui fera l’unanimité : « If you think football is a matter of money, that’s BULL$hit. » On pouvait donc se mettre au travail. « La bannière fut réalisée sur deux semaines : le traçage des lettres, dans un premier temps, et ensuite le remplissage à la peinture noire et rouge qui prit un temps mémorable à sécher. Le contenu de la bannière avait le mérite d’être clair et sans équivoque », se souvient Jérémy. Quant au tract, nous avions demandé à nos membres d’en imprimer ou d’en faire imprimer plusieurs dizaines d’exemplaires, qui seraient mises en commun.

Ne restait plus qu’à attendre la date fatidique. Peu après avoir diffusé le tract par courriel aux médias, le groupe de rencontre à 18 h au pied de la tour du stade olympique, endroit stratégique pour atteindre les gens qui se dirigent au stade Saputo. Les Ultras Montréal sont présents en nombre et armés de plusieurs centaines de tracts qui seront généralement bien accueillis par les spectateurs. La distribution va bon train et on se défait de la majorité des tracts.

BULL$hit.

Dans le stade, la tension est palpable. Le groupe avait choisi la 33e minute pour le déroulement de la bannière, en l’honneur de l’année de fondation (1933) du Austria Salzburg, première victime du géant des boissons énergisantes. Mais allait-on nous permettre de critiquer l’invité « de marque » (appréciez le jeu de mot) et risquer de froisser les dirigeants de la MLS du même coup? « Les appréhensions de certains ultras montréalais quant à la réaction du club et de la sécurité face au message quelque peu provocateur de la bannière furent rapidement dissipées, le dévoilement de celle-ci se déroulant dans le calme le plus complet., de dire Jérémy. Vive la liberté d’expression! »

Une chose qu’on peut dire, c’est que l’effet recherché fut immédiat. « Dans les instants suivants la fin du match, sous la 114, le Drum Crew (amputé du légendaire Ticarl) fut abordé par un ultra suisse, en voyage à Montréal, qui tenait à féliciter le groupe pour ses actions. Quelques jours plus tard, la photo de la bannière avait fait le tour d’Internet et suscité de l’intérêt outre-mer », conclut Jérémy.

En rétrospective, cette protestation contre Red Bull fut probablement un des gestes ayant eu la plus grande portée dans l’histoire des Ultras Montréal. De façon générale, nos bannières font parler. En bien, en mal. Peu importe, car chaque fois que nous aurons quelque chose à dire, nous le dirons.

Le saviez-vous?

  • La bannière « Merci pour le stade, maintenant on veut un coach! » fut accueillie par une série de représailles, dont l’interdiction… d’accrocher des bannières dans la section 114.
  • Quelques semaines après le match contre New York, lorsque des rumeurs de reprise du Standard de Liège (un club de premier plan en Belgique) par Red Bull surgissent, les Ultras Inferno, supporters du Standard, expriment leur dégoût en diffusant sur Facebook… le tract préparé par les Ultras Montréal.

 

Numéro 8 : Ça tricote!

Numéro 9 : Tifo? Vous avez dit tifo?

Numéro 10 : La genèse

Un second bus pour New York!

Vu la grande demande, nous avons décidé d’ajouter un second bus de 56 places pour le déplacement du 31 mars à New York. Vous avez jusqu’au 31 janvier à 21 h 59 pour payer en totalité. Nous ne prenons pas de réservations. Premier arrivé, premier servi!

Les Ultras Montréal se déplaceront à New York le 31 mars pour aller y supporter l’Impact face à l’équipe-dont-il-faut-pas-dire-le-nom, dans le stade-dont-il-ne-faut-pas-dire-le-nom. Nous vous offrons la possibilité de faire le déplacement avec nous pour la modique somme de 100 $. N’hésitez pas, les places sont limitées. Si vous voyagez par vos propres moyens mais désirez assister au match en notre compagnie, nous vous offrons la possibilité d’acheter uniquement un billet pour le match.

NOUS ACCEPTONS LES PAIEMENTS VIA LE BOUTON PAYPAL CI-DESSOUS. Pour toute question, écrivez à ontour@ultrasmontreal.com.

 

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Top 10 de l’histoire des Ultras Montréal (No 8 : Ça tricote!)

Top 10 des moments marquants de l’histoire des Ultras Montréal

Numéro 8 : Ça tricote!

Depuis les débuts du groupe en 2002, quelques membres sentent qu’il manque un petit quelque chose de résolument essentiel. Plus le groupe grandit, plus nombreux sont ceux qui la réclament. Quelques collectionneurs européens en font également la demande. Mais quand les Ultras Montréal auront-ils leur écharpe?

Après le titre de 2004, le sujet de l’écharpe revient fréquemment au cœur des discussions. Après plusieurs mois de tergiversations (un peu la marque de commerce des Ultras Montréal, il faut le dire), on commence tranquillement à passer à l’action. « Certains ont pris des initiatives pour faire avancer le dossier, explique Matthias Van Halst, alias Bxl Boy, membre des Ultras Montréal à l’époque. Kevin, notamment, qui même s’il ne savait se servir que du très limité Paint, avait regardé pas mal d’écharpes et proposé quelques idées intéressantes. C’est ce qui a servi de base. » Ensuite viennent d’autres tergiversations (on est experts, croyez-nous) sur les symboles à utiliser (la fleur de lys, les fleurs de Montréal?) et les slogans à employer, qui mènent à l’élaboration de quelques concepts parmi lesquels choisir.

Le foulard bleu pâle du club.

Puisque la culture foot n’était pas très répandue en Amérique du Nord à l’époque, rares étaient les clubs qui offraient des écharpes. L’Impact n’y faisait pas exception : on ne trouvait à la boutique qu’un petit foulard bleu pâle orné de quelques logos de l’Impact, très loin d’une écharpe au sens propre du terme. Ce manque influence un peu le design de la première écharpe du groupe : « Nous avons décidé de mettre d’un côté le nom du club (ce qui me tenait beaucoup à cœur) et de l’autre Ultras Montréal », relate Matthias.

Autre difficulté : les groupes de supporters nord-américains n’étaient pas aussi nombreux et aussi bien organisés que c’est le cas de nos jours, ce qui rendait la recherche de fournisseurs abordables prêts à expédier leurs produits au Canada plutôt complexe. « C’était du sport, car les rares écharpes qu’on trouvait ici n’offraient aucun indice. Il fallait en outre en trouver un qui pouvait proposer un prix relativement abordable sans devoir faire 2000 écharpes, car ça aurait coûté trop cher. » Vers la fin de l’hiver 2004-2005, Matthias prend contact avec quelques fournisseurs, reçoit quelques échantillons et le choix se porte finalement sur un fabricant français, Zone Ultra.

Avec le design sur la table, le fabricant trouvé et l’estimation des coûts en poche, il reste un problème de taille à surmonter : le financement. Le groupe n’avait pu profiter de billets à vendre en 2004 et avait dépensé son argent sur deux déplacements à Rochester (c’est étrange comme on finit toujours par parler de Rochester dans nos articles) et Syracuse en 2003, et donc, ses moyens financiers étaient très limités. « C’était quand même pas donné! Environ mille dollars, alors que le groupe n’avait pas vraiment de caisse ni de financement. » Malgré une prévente aux membres et sympathisants au cours de la saison 2005 pour amasser des fonds, le groupe n’en a pas encore assez en poche pour aller de l’avant.


C’est alors qu’une idée est trouvée lors d’une réunion à notre quartier général de l’époque, le mythique « Pub du métro », face au métro Crémazie. Les quelques membres présents un vendredi soir pour discuter des affaires courantes du groupe sont interrompus par la tout autant mythique Murielle, serveuse du Pub du Métro, qui vient les avertir qu’un « party » aura lieu. Cette soirée-bénéfice pour le compte d’une pièce de théâtre, organisée par une comédienne de l’émission Ramdam (eh oui, Manolo était présent, au grand plaisir des UM qui espéraient vivement son apparition), aura à la fois engendré sa part de délires ultras et fourni une partie de la solution pour le financement de l’écharpe : une soirée-bénéfice, au Pub du Métro, avec une surcharge sur le prix des pichets qui reviendrait aux UM. Ainsi, quelques semaines plus tard, le groupe convie ultras, sympathisants et amis à son quartier général de la rue Lajeunesse. La soirée est un succès mémorable, tous ceux qui étaient dans le groupe à l’époque s’en souviennent comme d’un fait marquant. « Certains ont fait un don et c’est aussi ce soir-là que les personnes présentes ont voté pour leur design préféré », se rappelle Matthias.

Bien que la soirée ait permis de récolter un beau petit montant, au grand désespoir du groupe, c’est encore trop peu… et même bien trop peu. « Une fois les comptes faits, on en était loin (du compte) et il fallait trouver une solution. Il manquait quand même encore plusieurs centaines de dollars, explique Matthias. Ainsi, Eric (alias penz) et moi avons avancé chacun la moitié de la somme, sous condition d’être remboursés après les ventes. » Nouveau venu dans le groupe à l’époque, Eric voyait un autre intérêt à l’écharpe : celui de servir de base d’autofinancement. Il estimait que ce projet devait être la priorité du groupe. Les UM peuvent donc finalement passer la commande, ce qui est fait le 21 juillet 2005.

L’écharpe est enfin une réalité.

Et puis, c’est l’attente. « Ça tricote », comme l’avait si bien dit Matthias à l’époque. Sauf que le temps passe et que la saison tire à sa fin. Heureusement, le timing est idéal, voire rêvé : les écharpes arrivent tout juste à temps pour le début des séries. Elles sont superbes, elles font notre fierté et tout le monde en veut. « Je n’étais alors plus dans le kop, mais je pouvais constater fièrement que rapidement, un nouveau vêtement aux couleurs du club y avait fait son entrée en grand nombre », conclut Matthias.

Encore une fois, les Ultras Montréal étaient parvenus à mener à bien une mission difficile avec des ressources limitées. Ce fut le premier pas des initiatives d’autofinancement qui perdurent encore aujourd’hui.

Le saviez-vous?

  • La première écharpe a été produite à 100 exemplaires.
  • L’écharpe qui s’est vendue le plus rapidement est celle qui a été produite pour la saison 2009 et qui a fait son apparition lors du match mythique au stade olympique contre Santos Laguna en février. Ce soir-là, la totalité des 100 écharpes disponibles avait été vendue. Il a fallu produire un autre modèle à temps pour le début de la saison USL.
  • En 2006, Matthias, Eric et Simon (alias Symoon), ont profité de leur rencontre fortuite avec le maire de Montréal, Gérald Tremblay, dans un avion à destination de Paris, pour lui offrir un exemplaire de la première écharpe du groupe.

 

Numéro 9 : Tifo? Vous avez dit tifo?

Numéro 10 : La genèse

Déplacement à New York!


Les Ultras Montréal se déplaceront à New York le 31 mars pour aller y supporter l’Impact face à l’équipe-dont-il-faut-pas-dire-le-nom, dans le stade-dont-il-ne-faut-pas-dire-le-nom. Nous vous offrons la possibilité de faire le déplacement avec nous pour la modique somme de 100 $. N’hésitez pas, les places sont limitées. Si vous voyagez par vos propres moyens mais désirez assister au match en notre compagnie, nous vous offrons la possibilité d’acheter uniquement un billet pour le match.

NOUS ACCEPTONS LES PAIEMENTS VIA LE BOUTON PAYPAL CI-DESSOUS. Pour toute question, écrivez à ontour@ultrasmontreal.com.

 

LE BUS EST COMPLET. Si vous désirez vous joindre à nous, écrivez à ontour@ultrasmontreal.com. Nous mettrons un second bus en vente si la demande le permet.

 

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Top 10 de l’histoire des Ultras Montréal (No 9 : Tifo? Vous avez dit tifo?)

Top 10 des moments marquants de l’histoire des Ultras Montréal

Numéro 9 : Tifo? Vous avez dit tifo?

Après une première saison difficile, les Ultras Montréal avaient terminé sur une note positive avec un kop d’une quarantaine de personnes lors du dernier match des séries. Parmi eux, le surnommé Auteuil Boy deviendra membre actif du groupe lors de la saison 2003 et sera le premier à oser voir grand malgré des premiers pas hasardeux au stade du Complexe Claude-Robillard.

Ainsi, « Auteuil » (un Parisien et ex-habitué de la tribune Auteuil, vous l’aurez deviné) apportera un nouveau mot dans le vocabulaire ultra montréalais : tifo. On ne peut pas se prétendre ultra sans faire de tifos, c’est logique. Et donc, l’idée était lancée; en cette saison 2003, les Ultras Montréal allaient faire leur premier tifo. Il faut savoir qu’à l’époque, sur le continent, on était loin des tifos qu’on peut voir de nos jours (enfin… à Seattle, surtout). On pouvait voir quelques tentatives plus ou moins réussies à Chicago, mais rien de bien probant. Montréal allait donc entrer dans la danse…

Auteuil Boy, à gauche, chef d’orchestre du premier tifo des UM.

Évidemment, ici, on ne fait rien comme les autres. Et donc, le premier tifo ne se limiterait pas à une petite bâche peinte et tenue par 12 personnes. Non. On allait recouvrir toute la section des estrades populaires du stade avec des feuilles de papier, rien de moins. Et ce, même si on n’avait jamais fait de tifo avant! « Auteuil s’’amusait’ à calculer comment faire le dessin pour que le bas du tifo donne une croix », explique Alexis, alias Alqueb, membre des UM depuis 2002. « Je dis le bas du tifo, car au départ, il devait aussi y avoir des papiers en haut sur la deuxième estrade. Certains de nos membres affirmaient que notre tifo allait être le plus gros jamais vu en Amérique du Nord! » La date était choisie : ce serait le 13 août 2003, un mercredi, contre les Raging Rhinos de Rochester. Par contre, l’inquiétude règne au sein du groupe, qui n’a pas d’expérience en réalisation de tifos, et plusieurs questions se posent, notamment comment s’assurer qu’il y aurait assez de gens au stade pour soulever les papiers. La réponse est simple : en en faisant part au club, et plus précisément à Yannick Saint-Germain, alors responsable de la billetterie, pour se tenir au courant de la progression des ventes de billets.

Il fait chaud et on court contre la montre…

Une fois les calculs terminés et le matériel acheté, le rendez-vous était donné au stade avant le match, histoire de se donner le temps de tout bien installer avant l’ouverture des portes. Mais rappelons que le groupe n’avait jamais fait de tifo auparavant. « Le jour même, nous nous étions un peu mal préparé question horaire, de sorte que nous avons eu à travailler jusqu’à la dernière minute pour placer les feuilles, ce qui explique qu’aucune feuille n’a été distribuée dans la tribune supérieure », se rappelle Alqueb. Sous un soleil de plomb, les UM terminent en catastrophe la majeure partie du projet, ce qui donnera tout de même le plus imposant tifo jamais réalisé en Amérique du Nord jusque-là… si tout se passe comme prévu. « Nous ne savions pas trop comment les gens allaient réagir. Première surprise, tout le monde s’assoyait sans toucher aux papiers en question, de sorte qu’aucun papier placé n’était perdu. Nous avions donné des dépliants aux gens à l’entrée, mais personne n’y accordait d’importance! », explique Alqueb.

Puis, c’est l’heure H. Les spectateurs sont présents (en nombre; la deuxième plus grosse foule de l’histoire du club à cette époque!), les enfants qui forment la haie d’honneur sont installés et l’adversaire est sur le terrain. À la présentation des joueurs, les quelque 3 200 feuilles devraient être levées et le motif devrait normalement apparaître en tribune. « Quand l’animateur a dit (sans faire aucune mention des UM) de lever le papier placé sur le siège… tout le monde a suivi en mouton! Le tifo a été parfaitement réussi côté participation et le dessin mosaïque se voyait bien, malgré des papiers bleus beaucoup trop pâles. Finalement, le fait de ne pas avoir placé de papier plus haut a été plus bénéfique qu’autre chose. »

Au bout du compte, l’opération a été une réussite et a même suscité de l’intérêt outre-mer, principalement parce que c’était un coup d’éclat pour un groupe qui n’avait pas d’écharpes ou autres produits à vendre pour s’autofinancer : « Sur des forums européens, on m’avait demandé si c’était vraiment nous qui avions payé, se souvient Alqueb. Ce à quoi j’avais répondu que je ne faisais pas la comptabilité ultra! La réalité est que cette année-là nous avions des billets à vendre que nous vendions aux UM, USK*.et autres sympathisants. C’est là que nous allions chercher les fonds. » Les Ultras Montréal avaient donc réalisé leur premier tifo et étaient désormais un groupe de supporters reconnus ailleurs en Amérique du Nord… et au-delà.

 

*USK : Ultras Skinhead Krew. En 2003, un groupe de plusieurs skinheads antifascistes se greffe au kop. Leur contribution vocale (et physique) solidifie les bases du kop et lui permet de s’installer définitivement dans son secteur du stade.


Le saviez-vous?

  • À l’occasion de son 5e anniversaire, le groupe s’est permis de retenter l’expérience des feuilles de papier au complexe Claude-Robillard. Une seconde tentative plus réussie encore que la première, grâce aux importantes leçons tirées de ce premier tifo (arriver plus tôt pour l’installation, notamment…).

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