CR : Les Ultras prennent Rochester
Posté dans Comptes rendus 2009 le 3 juin 2009 par UM02USL : Rochester 0-1 Impact
Après la déroute en championnat canadien, l’Impact reprenait le collier en USL avec un match glamour dans la superbe ville de Rochester. Environ 25 vaillants supporters montréalais se rassemblaient donc dès 6 h 30 au point de rendez-vous habituel afin de monter dans minibus décoré de la souriante tête du Bonhomme Carnaval et aller découvrir ensemble la « surprise » promise par les supporters de Rochester.
Sur la route, la bonne humeur était au rendez-vous, et comme c’est le cas lors de chaque déplacement, les endormis se faisaient maltraiter pour le plus pur bonheur de tous. Après quelques heures de route et deux victoires décisives contre une grue à toutous canadienne, arrivée aux douanes. Tout le monde sort ses papiers pour accélérer le processus… Tout le monde? Non. Le chauffeur, lui, n’a pas jugé nécessaire d’amener la paperasse nécessaire pour assurer son entrée aux États-Unis. Heureusement, le douanier fermera les yeux sur cet incident de parcours et nous laissera pénétrer dans le pays de la liberté. Heureusement, car nous ne voulions pas manquer la surprise promise.
À notre arrivée à Rochester, c’est le choc. Contrairement à notre dernière visite en 2007, nous voyons de la vie. Un resto ouvert en plein centre-ville; c’est là que nous passerons l’après-midi, en compagnie de la faune locale, rhinocéros en moins. Nous verrons bien un spécimen passer en voiture devant la terrasse sur laquelle nous étions installés et nous saluer d’un doigt d’honneur, mais rien d’autre à signaler. Après un (copieux) repas et un après-midi de « repos », nous prenons la route du stade (à pied), vers 17 h 15. Et nous reconnaissons enfin la vraie Rochester, celle qui nous avait séduits en 2007 : personne dans les rues, si ce n’est un sans-abri qui nous accompagne pendant 5 minutes en baragouinant des trucs en langue locale, que nous ne comprenons pas. Puis, on rentre dans le superbe quartier dans lequel le stade est établi; celui-ci est toujours aussi accueillant. Nous espérons donc tous que la surprise attendue égayera un peu le secteur.
Après quelques minutes d’attente (et une photo en compagnie des cheerleaders pour certains…. enfin, pour un de nous… pour celui qui porte le nom d’un ours brun des montagnes Rocheuses, quoi), nous entrons dans le stade, toujours aussi non terminé qu’en 2007. Rochester, c’est vraiment une ville sans avenir qui semble figée dans le temps. Bref, nous établissons notre camp de base en section 123, d’où nous espérons avoir une vue imprenable sur la surprise de nos vis-à-vis.
Après de longues minutes d’attente, nous voyons enfin de l’activité dans le camp adverse. Un clown en sandale affublé d’un chapeau représentant un rhinocéros grimpe les marches dans la section du Stampede, le groupe de supporters des Rhinos. C’est évidemment l’hilarité générale du côté bleu et blanc. Quand les « vrais » supporters adverses arrivent, le spectacle est tout aussi divertissant. Ils installent de peine et de misère leur bâche de groupe, qui tombe sur le terrain dès l’installation terminée, ce qui provoque évidemment une salve d’applaudissements instantanée dans le kop montréalais. Mais ce n’est visiblement pas la surprise qu’on nous réserve. Après d’importants efforts (on s’essouffle vite quand on est obèse), le Stampede réussit enfin à installer ses trois bâches, qui s’étendent sur trois sections complètes. Un jour, il faudra leur rappeler qu’ils ne sont que 40 en tribune… Et pour finir, un drapeau québécois à l’envers sur lequel sont collés quelques autocollants du Stampede. Un peu mince comme surprise. On n’annonce pas ça sur Internet plusieurs jours avant le match (quoique avec ces clowns-là, on ne sait jamais). Ça doit donc être autre chose…
Tout est donc en place pour le match. Les équipes s’apprêtent à faire leur entrée sur le terrain, et rien n’indique qu’il y aura tifo du côté du Stampede. En effet, nous avons raison. Le mystère de la surprise reste donc entier. Le match s’amorce et il est difficile d’entendre nos adversaires chanter. Par contre, chez les bleus et blanc, ça marche plutôt rondement. Les chants sont bien repris par tous et à 25, on prend notre place dans ce stade décoré de quelques milliers de gens qui n’ont pas trop idée de ce qu’ils font là. Quelques fillettes de 12 ans tentent de rivaliser vocalement avec nous; elles sont plus crédibles que le Stampede, que nous n’entendons toujours pas. Cela ne constitue pas une surprise, c’était la même chose en 2007. Nous cherchons donc toujours. Le match est équilibré et se déroule à un rythme assez soutenu. C’est un bon match de USL (pour ce que ça vaut), mais l’atmosphère, ponctuée de musique pendant le jeu, de cheerleaders et de soccer moms qui regardent les Ultras plus que le match, nous rappelle que nous sommes bel et bien dans une ligue merdique.
0-0 à la mi-temps après une prestation correcte tant sur le terrain qu’en tribune. Il faudrait monter d’un cran. 15 minutes de pause. Toujours pas de surprise.
Deuxième mi-temps en marche. L’Impact revient plus fort et se met à dominer clairement le jeu. L’effet est direct dans le kop, où les chants redoublent. De très bons pics sont atteints entre la 55e et la 70e minute, notamment après l’expulsion de Nurse, des Rhinos pour un second carton jaune. À la 80e, Brown ouvrira le score pour Montréal, semant la frénésie dans la partie supérieure de la section 123. Le pressing des Rhinos ne sera d’aucun secours pour les locaux qui verront leur équipe sombrer lentement mais sûrement. Chez les Ultras, on finit avec un Dale Cavese soutenu pendant près de 10 minutes qui se poursuivra même après le coup de sifflet final.
Une fois les joueurs venus nous saluer et rentrés au vestiaire, nous remballons nos bannières en prévision du retour, nous demandant toujours quelle est cette surprise tant annoncée. Et puis, elle arrive, enfin. Au bout du stade, derrière la tribune à notre droite, des bruits se font entendre et un feu d’artifice coloré vient ponctuer cette belle victoire de l’Impact. Franchement, on n’en demandait pas tant.
Pendant que nous avons le nez levé dans les airs à regarder ce spectacle enchanteur, quelques membres du Stampede décident de venir nous féliciter pour notre victoire, profitant de l’absence totale de sécurité dans notre section, mais sont vite renvoyés à la maison. Fait intéressant à noter, le propriétaire des Rhinos sautera dans la mêlée pour séparer les deux groupes. Quand le proprio d’une équipe saute dans la tribune pour stopper un échange de politesses, tu sais que son staff a pas fait sa job correctement… Et ça te rappelle que ton équipe joue dans une ligue merdique.
Le retour se fera dans la joie et l’allégresse jusqu’à Montréal, notre chauffeur ayant réussi à passer la douane canadienne sans problème, malgré une longue hésitation à choisir entre quatre feux rouges et un feu vert…



