Top 10 de l’histoire des Ultras Montréal (No 9 : Tifo? Vous avez dit tifo?)
Posté dans Top 10 le 10 janvier 2012 par UM02
Top 10 des moments marquants de l’histoire des Ultras Montréal
Numéro 9 : Tifo? Vous avez dit tifo?
Après une première saison difficile, les Ultras Montréal avaient terminé sur une note positive avec un kop d’une quarantaine de personnes lors du dernier match des séries. Parmi eux, le surnommé Auteuil Boy deviendra membre actif du groupe lors de la saison 2003 et sera le premier à oser voir grand malgré des premiers pas hasardeux au stade du Complexe Claude-Robillard.
Ainsi, « Auteuil » (un Parisien et ex-habitué de la tribune Auteuil, vous l’aurez deviné) apportera un nouveau mot dans le vocabulaire ultra montréalais : tifo. On ne peut pas se prétendre ultra sans faire de tifos, c’est logique. Et donc, l’idée était lancée; en cette saison 2003, les Ultras Montréal allaient faire leur premier tifo. Il faut savoir qu’à l’époque, sur le continent, on était loin des tifos qu’on peut voir de nos jours (enfin… à Seattle, surtout). On pouvait voir quelques tentatives plus ou moins réussies à Chicago, mais rien de bien probant. Montréal allait donc entrer dans la danse…

Auteuil Boy, à gauche, chef d’orchestre du premier tifo des UM.
Évidemment, ici, on ne fait rien comme les autres. Et donc, le premier tifo ne se limiterait pas à une petite bâche peinte et tenue par 12 personnes. Non. On allait recouvrir toute la section des estrades populaires du stade avec des feuilles de papier, rien de moins. Et ce, même si on n’avait jamais fait de tifo avant! « Auteuil s’’amusait’ à calculer comment faire le dessin pour que le bas du tifo donne une croix », explique Alexis, alias Alqueb, membre des UM depuis 2002. « Je dis le bas du tifo, car au départ, il devait aussi y avoir des papiers en haut sur la deuxième estrade. Certains de nos membres affirmaient que notre tifo allait être le plus gros jamais vu en Amérique du Nord! » La date était choisie : ce serait le 13 août 2003, un mercredi, contre les Raging Rhinos de Rochester. Par contre, l’inquiétude règne au sein du groupe, qui n’a pas d’expérience en réalisation de tifos, et plusieurs questions se posent, notamment comment s’assurer qu’il y aurait assez de gens au stade pour soulever les papiers. La réponse est simple : en en faisant part au club, et plus précisément à Yannick Saint-Germain, alors responsable de la billetterie, pour se tenir au courant de la progression des ventes de billets.

Il fait chaud et on court contre la montre…
Une fois les calculs terminés et le matériel acheté, le rendez-vous était donné au stade avant le match, histoire de se donner le temps de tout bien installer avant l’ouverture des portes. Mais rappelons que le groupe n’avait jamais fait de tifo auparavant. « Le jour même, nous nous étions un peu mal préparé question horaire, de sorte que nous avons eu à travailler jusqu’à la dernière minute pour placer les feuilles, ce qui explique qu’aucune feuille n’a été distribuée dans la tribune supérieure », se rappelle Alqueb. Sous un soleil de plomb, les UM terminent en catastrophe la majeure partie du projet, ce qui donnera tout de même le plus imposant tifo jamais réalisé en Amérique du Nord jusque-là… si tout se passe comme prévu. « Nous ne savions pas trop comment les gens allaient réagir. Première surprise, tout le monde s’assoyait sans toucher aux papiers en question, de sorte qu’aucun papier placé n’était perdu. Nous avions donné des dépliants aux gens à l’entrée, mais personne n’y accordait d’importance! », explique Alqueb.
Puis, c’est l’heure H. Les spectateurs sont présents (en nombre; la deuxième plus grosse foule de l’histoire du club à cette époque!), les enfants qui forment la haie d’honneur sont installés et l’adversaire est sur le terrain. À la présentation des joueurs, les quelque 3 200 feuilles devraient être levées et le motif devrait normalement apparaître en tribune. « Quand l’animateur a dit (sans faire aucune mention des UM) de lever le papier placé sur le siège… tout le monde a suivi en mouton! Le tifo a été parfaitement réussi côté participation et le dessin mosaïque se voyait bien, malgré des papiers bleus beaucoup trop pâles. Finalement, le fait de ne pas avoir placé de papier plus haut a été plus bénéfique qu’autre chose. »
Au bout du compte, l’opération a été une réussite et a même suscité de l’intérêt outre-mer, principalement parce que c’était un coup d’éclat pour un groupe qui n’avait pas d’écharpes ou autres produits à vendre pour s’autofinancer : « Sur des forums européens, on m’avait demandé si c’était vraiment nous qui avions payé, se souvient Alqueb. Ce à quoi j’avais répondu que je ne faisais pas la comptabilité ultra! La réalité est que cette année-là nous avions des billets à vendre que nous vendions aux UM, USK*.et autres sympathisants. C’est là que nous allions chercher les fonds. » Les Ultras Montréal avaient donc réalisé leur premier tifo et étaient désormais un groupe de supporters reconnus ailleurs en Amérique du Nord… et au-delà.
*USK : Ultras Skinhead Krew. En 2003, un groupe de plusieurs skinheads antifascistes se greffe au kop. Leur contribution vocale (et physique) solidifie les bases du kop et lui permet de s’installer définitivement dans son secteur du stade.
Le saviez-vous?
- À l’occasion de son 5e anniversaire, le groupe s’est permis de retenter l’expérience des feuilles de papier au complexe Claude-Robillard. Une seconde tentative plus réussie encore que la première, grâce aux importantes leçons tirées de ce premier tifo (arriver plus tôt pour l’installation, notamment…).



