Top 10 de l’histoire des Ultras Montréal (No 8 : Ça tricote!)

Posté dans Annonces le 17 janvier 2012 par UM02

Top 10 des moments marquants de l’histoire des Ultras Montréal

Numéro 8 : Ça tricote!

Depuis les débuts du groupe en 2002, quelques membres sentent qu’il manque un petit quelque chose de résolument essentiel. Plus le groupe grandit, plus nombreux sont ceux qui la réclament. Quelques collectionneurs européens en font également la demande. Mais quand les Ultras Montréal auront-ils leur écharpe?

Après le titre de 2004, le sujet de l’écharpe revient fréquemment au cœur des discussions. Après plusieurs mois de tergiversations (un peu la marque de commerce des Ultras Montréal, il faut le dire), on commence tranquillement à passer à l’action. « Certains ont pris des initiatives pour faire avancer le dossier, explique Matthias Van Halst, alias Bxl Boy, membre des Ultras Montréal à l’époque. Kevin, notamment, qui même s’il ne savait se servir que du très limité Paint, avait regardé pas mal d’écharpes et proposé quelques idées intéressantes. C’est ce qui a servi de base. » Ensuite viennent d’autres tergiversations (on est experts, croyez-nous) sur les symboles à utiliser (la fleur de lys, les fleurs de Montréal?) et les slogans à employer, qui mènent à l’élaboration de quelques concepts parmi lesquels choisir.

Le foulard bleu pâle du club.

Puisque la culture foot n’était pas très répandue en Amérique du Nord à l’époque, rares étaient les clubs qui offraient des écharpes. L’Impact n’y faisait pas exception : on ne trouvait à la boutique qu’un petit foulard bleu pâle orné de quelques logos de l’Impact, très loin d’une écharpe au sens propre du terme. Ce manque influence un peu le design de la première écharpe du groupe : « Nous avons décidé de mettre d’un côté le nom du club (ce qui me tenait beaucoup à cœur) et de l’autre Ultras Montréal », relate Matthias.

Autre difficulté : les groupes de supporters nord-américains n’étaient pas aussi nombreux et aussi bien organisés que c’est le cas de nos jours, ce qui rendait la recherche de fournisseurs abordables prêts à expédier leurs produits au Canada plutôt complexe. « C’était du sport, car les rares écharpes qu’on trouvait ici n’offraient aucun indice. Il fallait en outre en trouver un qui pouvait proposer un prix relativement abordable sans devoir faire 2000 écharpes, car ça aurait coûté trop cher. » Vers la fin de l’hiver 2004-2005, Matthias prend contact avec quelques fournisseurs, reçoit quelques échantillons et le choix se porte finalement sur un fabricant français, Zone Ultra.

Avec le design sur la table, le fabricant trouvé et l’estimation des coûts en poche, il reste un problème de taille à surmonter : le financement. Le groupe n’avait pu profiter de billets à vendre en 2004 et avait dépensé son argent sur deux déplacements à Rochester (c’est étrange comme on finit toujours par parler de Rochester dans nos articles) et Syracuse en 2003, et donc, ses moyens financiers étaient très limités. « C’était quand même pas donné! Environ mille dollars, alors que le groupe n’avait pas vraiment de caisse ni de financement. » Malgré une prévente aux membres et sympathisants au cours de la saison 2005 pour amasser des fonds, le groupe n’en a pas encore assez en poche pour aller de l’avant.


C’est alors qu’une idée est trouvée lors d’une réunion à notre quartier général de l’époque, le mythique « Pub du métro », face au métro Crémazie. Les quelques membres présents un vendredi soir pour discuter des affaires courantes du groupe sont interrompus par la tout autant mythique Murielle, serveuse du Pub du Métro, qui vient les avertir qu’un « party » aura lieu. Cette soirée-bénéfice pour le compte d’une pièce de théâtre, organisée par une comédienne de l’émission Ramdam (eh oui, Manolo était présent, au grand plaisir des UM qui espéraient vivement son apparition), aura à la fois engendré sa part de délires ultras et fourni une partie de la solution pour le financement de l’écharpe : une soirée-bénéfice, au Pub du Métro, avec une surcharge sur le prix des pichets qui reviendrait aux UM. Ainsi, quelques semaines plus tard, le groupe convie ultras, sympathisants et amis à son quartier général de la rue Lajeunesse. La soirée est un succès mémorable, tous ceux qui étaient dans le groupe à l’époque s’en souviennent comme d’un fait marquant. « Certains ont fait un don et c’est aussi ce soir-là que les personnes présentes ont voté pour leur design préféré », se rappelle Matthias.

Bien que la soirée ait permis de récolter un beau petit montant, au grand désespoir du groupe, c’est encore trop peu… et même bien trop peu. « Une fois les comptes faits, on en était loin (du compte) et il fallait trouver une solution. Il manquait quand même encore plusieurs centaines de dollars, explique Matthias. Ainsi, Eric (alias penz) et moi avons avancé chacun la moitié de la somme, sous condition d’être remboursés après les ventes. » Nouveau venu dans le groupe à l’époque, Eric voyait un autre intérêt à l’écharpe : celui de servir de base d’autofinancement. Il estimait que ce projet devait être la priorité du groupe. Les UM peuvent donc finalement passer la commande, ce qui est fait le 21 juillet 2005.

L’écharpe est enfin une réalité.

Et puis, c’est l’attente. « Ça tricote », comme l’avait si bien dit Matthias à l’époque. Sauf que le temps passe et que la saison tire à sa fin. Heureusement, le timing est idéal, voire rêvé : les écharpes arrivent tout juste à temps pour le début des séries. Elles sont superbes, elles font notre fierté et tout le monde en veut. « Je n’étais alors plus dans le kop, mais je pouvais constater fièrement que rapidement, un nouveau vêtement aux couleurs du club y avait fait son entrée en grand nombre », conclut Matthias.

Encore une fois, les Ultras Montréal étaient parvenus à mener à bien une mission difficile avec des ressources limitées. Ce fut le premier pas des initiatives d’autofinancement qui perdurent encore aujourd’hui.

Le saviez-vous?

  • La première écharpe a été produite à 100 exemplaires.
  • L’écharpe qui s’est vendue le plus rapidement est celle qui a été produite pour la saison 2009 et qui a fait son apparition lors du match mythique au stade olympique contre Santos Laguna en février. Ce soir-là, la totalité des 100 écharpes disponibles avait été vendue. Il a fallu produire un autre modèle à temps pour le début de la saison USL.
  • En 2006, Matthias, Eric et Simon (alias Symoon), ont profité de leur rencontre fortuite avec le maire de Montréal, Gérald Tremblay, dans un avion à destination de Paris, pour lui offrir un exemplaire de la première écharpe du groupe.

 

Numéro 9 : Tifo? Vous avez dit tifo?

Numéro 10 : La genèse


Better Tag Cloud