Top 10 de l’histoire des Ultras Montréal (No 6 : Whatever it takes!)

Posté dans Top 10 le 31 janvier 2012 par UM02

Top 10 des moments marquants de l’histoire des Ultras Montréal
Numéro 6 : Whatever it takes!

Les Ultras Montréal sont là pour encourager le club, mais aussi l’inspirer. Parfois, quand tous les éléments sont en place, cette inspiration peut carrément se transcender. Retour vers la fin de la saison régulière en 2009.

Après une saison somme toute difficile, l’Impact s’était remis dans le droit chemin. L’équipe restait sur six matchs sans défaites. Et puis, il y a eu ce match d’anthologie contre Vancouver. Le moral était là, la confiance aussi. Mais on n’arrivait pas à marquer. Puis, Byers a marqué, un grand but. Mais un but refusé, pour une faute contre… Byers! C’était la rage totale, comme c’est souvent le cas chaque fois qu’un arbitre étale toute son incompétence au stade Saputo (la routine habituelle, quoi). Mais les Ultras Montréal ont continué à pousser, fort, jusque loin dans les arrêts de jeu et alors qu’ils chantaient « marque-nous un but »… tout a basculé. Peter Byers se dégage et fusille Nolly d’un tir croisé. FRÉ-NÉ-SIE. Tous ceux qui sont présents en tribune savent que quelque chose de particulier vient de se produire, qu’un déclic a eu lieu… et le kop reste pendant une bonne trentaine de minutes après le match en tribune pour chanter un « dale cavese » qui passera à l’histoire… Le kop étant finalement expulsés des lieux, une bonne trentaine d’ultras poursuivra la fête en chantant pendant une autre demi-heure pour les joueurs qui sortent du vestiaire, au grand amusement des employés du club, qui se massent dans les fenêtres des bureaux pour admirer le spectacle.

C’était là l’élément déclencheur de quelque chose qui allait prendre des proportions gigantesques. Vous connaissez la suite sur le plan sportif, mais vous ne savez probablement pas comment les Ultras Montréal ont joué leur rôle de 12e homme à un point tel qu’on en retrouve un témoignage évident dans l’histoire du club.

Lors d’une conversation informelle avec Alexis Pinard, employé du club à l’époque, une idée vient à Eric, alias penz, représentant des Ultras Montréal au sein de l’association des supporters. « Alexis avait été notre contact officiel au club pour tout ce qui touchait le kop et les UM pendant quelques saisons, et nous avons gardé de bons rapports par la suite. Comme Alexis s’était rapproché de l’aspect technique du club, nous nous sommes mis à parler de Marc Dos Santos, entraîneur du club à l’époque, et de ses façons de motiver les joueurs. C’est là que j’ai proposé à Alexis de dire à Marc que nous étions à sa disposition s’il voulait se servir de nous pour relayer un message aux joueurs pendant les séries. » La proposition était lancée et bien accueillie par Alexis… mais on ne s’attendait pas à grand-chose.

Quelques jours plus tard, Alexis Pinard donne signe de vie. « J’ai reçu un appel d’Alexis qui voulait me reparler de l’idée lancée à l’aveuglette la semaine précédente, se souvient Eric. À ma grande surprise, Marc avait trouvée l’idée très intéressante. » Le message à passer? Whatever it takes. Simple, direct, précis. C’était le message martelé par Marc dans le vestiaire depuis un moment. Ne restait qu’à trouver la façon de le présenter.

« On avait décidé d’y aller avec une bannière. Quelque chose d’imposant, que les joueurs ne pourraient pas rater une fois sur le terrain », explique Eric. Au final, la bannière couvrirait tout le grillage devant la 114 et déborderait un peu en 113 et 115. Il fallait cependant la produire rapidement, car les séries arrivaient à grands pas. « J’ai rapidement produit un croquis, que j’ai relayé à Alexis, qui l’a lui-même montré au coach. Le commentaire était on ne peut plus positif : Eux, ils ont tout compris. » Galvanisé, Eric entreprend alors la fabrication seul, pour accélérer le processus. « On n’avait pas beaucoup de temps et donc on ne pouvait pas se permettre d’y aller avec un truc hyper précis fait à la peinture. J’ai décidé d’opter pour du plastique et de tracer les lettres à main levée pour gagner du temps. L’assemblage a été fait en trois jours, à temps perdu, de soir, dans mon sous-sol. »

Restait des détails à régler. On allait la dévoiler quand? Ferait-elle partie d’un tifo? Allait-on l’utiliser une fois seulement? « Finalement, on a décidé de l’utiliser comme bâche permanente pour la durée des séries, explique Eric. C’était la bonne décision, parce que ça ajoutait du poids au message. Ce n’était plus « les UM encouragent l’Impact ». Ça devenait carrément « on est tous ensemble et on va jusqu’au bout ». »

La bannière fait sa première apparition lors du match de quart de finale contre Charleston, le 24 septembre 2009. Peu après le dévoilement du tifo créé pour l’occasion, les UM laissent tomber la bannière devant la tribune. IMFC, UM02, Whatever it takes. Le ton était donné. Six victoires plus tard, l’Impact était sacré champion pour la troisième fois de son histoire.

Mais ce n’était pas terminé pour autant. Plusieurs mois plus tard, une surprise attendait les supporters. En 2010, le club changeait d’équipementier. Les nouveaux maillots Legea étaient lancés en grande pompe et au col de ceux-ci figuraient… Whatever it takes sur le maillot blanc et Tout pour gagner sur le maillot bleu. « On a été encore plus surpris de voir que le club avait carrément adopté le Whatever it takes comme devise. De nombreux observateurs se sont dits qu’ils avaient repris notre slogan, mais en fait, c’était celui de Marc Dos Santos. Nous, on n’a fait qu’aider Marc à passer un message, mais les résultats obtenus auront fait en sorte qu’on a plutôt contribué à instaurer la mentalité qu’il voulait donner à l’ensemble du club. » Cette bannière a eu un effet qui est allé bien au-delà de ce qui était espéré au départ. De simple message d’encouragement, elle est devenue la devise du club et a finalement inspiré la nouvelle (mais peu populaire) devise du club en MLS : Tous pour gagner. « Pour nous, Tout pour gagner demeurera toujours associée à un des plus beaux chapitres de l’histoire du club et des UM. En ce sens, on trouve cela très dommage qu’elle ait été modifiée », conclut Eric.

Le saviez-vous?

  • La bannière a été abandonnée au stade après la finale 2009. Si on avait su quelle place elle occuperait dans l’histoire du club par la suite, on l’aurait probablement conservée.
  • Même si la bannière habituelle du groupe n’était pas affichée lors des matchs des séries pour laisser place à la bannière Whatever it takes, elle était tout de même présente en tribune, dans un sac à dos.
  • Vous venez de lire le premier article du top 10 qui ne contient pas le nom « Rochester ». Il fallait donc le placer quelque part pour rectifier la situation.

 

Numéro 7 : On vous donne notre avis!

Numéro 8 : Ça tricote!

Numéro 9 : Tifo? Vous avez dit tifo?

Numéro 10 : La genèse


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