Top 10 de l’histoire des Ultras Montréal (No 5 : Montréal brûle)

Posté dans Top 10 le 9 février 2012 par UM02

Top 10 des moments marquants de l’histoire des Ultras Montréal

Numéro 5 : Montréal brûle

De façon générale, quand on assiste à un match de l’Impact de Montréal, si on analyse l’ambiance, on sait qu’on accuse un important retard sur le plan de la culture foot. Des enfants qui courent partout sans se soucier du match, des mères de famille qui discutent de la pluie et du beau temps pour passer le temps, des insultes envoyées aux ultras qui refusent de baisser leurs drapeaux, des centaines de gens qui se promènent pour aller on sait pas trop où pendant tout le match… la liste est longue. Et puis, il y a des soirées magiques, comme ce mercredi 12 mai 2010.

Ce soir-là, l’Impact recevait Toronto dans le cadre de la Coupe des Voyageurs avec comme mission la victoire impérative pour continuer d’espérer remporter la coupe. Qui dit Toronto dit supporters visiteurs. Et qui dit supporters visiteurs dit augmentation d’un cran dans l’intensité, car la rivalité ne se limite pas au terrain, elle déborde en tribune. Ce soir-là, le stade était à moitié vide, en raison d’un timing atroce; les Canadiens de Montréal étaient en séries et jouaient un septième match décisif contre les Penguins de Pittsburgh. « J’avais assisté à la conquête du championnat la saison précédente et, après avoir vu le tifo dévoilé par les ultras, j’avais décidé de me joindre au groupe, explique snowflake, membre des UM02. Le match contre Toronto était le premier de la saison auquel je pouvais me rendre. Aucun match de hockey n’aurait pu m’empêcher d’être là! »

Si le match ne fut pas mémorable, le duel en tribune, lui, fit beaucoup parler. D’emblée, le ton est donné. « Dès notre entrée dans le stade, nous nous sommes retrouvés devant la tribune des supporters adverses où prenaient place les Torontois, explique snowflake. Après quelques échanges de civilités, nous avons entrepris de nous diriger vers la 114. Alors que nous longions le terrain devant la tribune nord, Dan Gargan qui s’échauffait sur le terrain vient vers nous et nous adresse discrètement un doigt d’honneur. La tension était palpable et l’ambiance s’annonçait survoltée. » Après les cérémonies d’usage, le match débute. L’animation est là, des deux cotés. Drapeaux, gestuelles, ça bouge beaucoup. Mais Toronto s’essouffle et Montréal, comme d’habitude, ne lâche rien. 90 minutes, tout le temps, c’est notre marque de commerce. Malgré quelques bons pics chez les rouges, c’est notre constance qui fait la différence.

Puis arrive la 55e minute. Comme pour nous souhaiter la bienvenue dans la MLS (car l’annonce que Montréal deviendrait la 19e équipe de la ligue avait été faite quelques jours avant), Toronto profite de son passage au stade Saputo pour nous servir le premier craquage en règle par un kop adverse dans notre stade. « Le mouvement ultra m’était peu familier à l’époque, mais je savais que cet affront ne resterait pas sans réponse », de dire snowflake. Nous sommes surpris. Surpris, mais pas abasourdis. On laisse la fumée se dissiper et on leur sert la réplique… un peu plus modeste que leur effort pyrotechnique. Mais c’est nous qui avons le dernier mot, car la réplique est comme d’habitude un geste plus porteur. En somme, on leur dit qu’on est chez nous et qu’on est prêt à répliquer à tout, un fait fort apprécié par Craig Forrest, l’ancien portier de l’équipe nationale, qui vantera l’atmosphère en tribune en direct sur les ondes de Sportsnet.

Sans aucun doute, nous venions de vivre un moment rare, et plus que probablement une première nord-américaine. « Je ne connaissais personne en tribune, mais à ce moment-là j’ai senti que tout le monde était dans le même état d’esprit et que nous vivions ensemble un moment unique », se souvient snowflake. Des deux côtés, les supporters avaient l’impression d’avoir créé quelque chose de spécial, comme en fait foi ce commentaire d’un supporter torontois laissé sur notre forum le lendemain des faits (et recopié dans leur dialecte pour plus d’exotisme) : « Just stopping by here to give you guys props and respect from me personally and The Northend Elite. What your group and ours did last night took the Ultras Movement in North America to a higher level. UM02 is a good group with proper mentality. » Une marque de respect rare entre deux groupes qui se détestent. On n’aurait pas vu ça avec les gars de Rochester…

Et comme pour nous rappeler qu’on accusait malgré tout un retard important en matière de culture foot, le lendemain de ce pas de géant fut un dur retour à la réalité. Sur les ondes de RDS, Sports 30 claironnait que l’on célébrait les buts des Canadiens avec des torches. Des propos repris plus tard par Francis Millien à la radio sur les ondes de CKAC… Bref, il en faudra encore plusieurs des soirées comme celle-là pour rattraper le retard et faire voir la lumière à ceux qui n’ont résolument rien compris. Mais il fallait bien commencer quelque part, et c’est pour ça que cette soirée restera gravée dans notre mémoire collective comme un moment important de notre histoire.

Le saviez-vous?

  • Ce soir-là, les Torontois nous ont devancé de deux petites minutes en allumant leurs torches.
  • Pour créer diversion, les Torontois ont envoyé un gars en 114 deux minutes avant de craquer. Intercepté dans les escaliers, il a évidemment causé l’attroupement des gardes de sécurité sous notre section… ce qui laissait le champ libre pour un craquage à l’autre bout du stade.

Numéro 6 : Whatever it takes!
Numéro 7 : On vous donne notre avis!
Numéro 8 : Ça tricote!
Numéro 9 : Tifo? Vous avez dit tifo?
Numéro 10 : La genèse


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